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Haïti: une reconstruction difficile mais possible

Haïti: une reconstruction difficile mais possible

En août 2008, quatre cyclones s’abattent sur tout le territoire haïtien. En complémentarité à l’action de l’Etat, les ONG haïtiennes et étrangères font leur possible. L’entraide protestante suisse (EPER) mène plusieurs projets d’aide d’urgence et de développement durable sur place.

Distribution de nourriture et de kits sanitaires à 965 familles sinistrées, réparation de maisons, d’écoles et réhabilitation de leur culture maraîchère pour près de 200 familles, ce sont les buts des deux derniers projets que l’EPER a mis en route dans le département de la Grand’Anse, à l’extrême Ouest de l’île. Ce département a été choisi car il est très loin de la capitale et bénéficie très peu de l’aide internationale. Aucun média n’envoie par exemple de correspondants dans à Fonds Cochon qui n’est atteignable qu’après huit heures de marche, dix heures de route depuis la capitale Port-au-Prince, quant il ne faut pas casser la roche pour élargir la voie et faire passer le matériel d’urgence qu’on ne peut envoyer ni par bateau, ni par avion. 

Une situation pire que juste après les cyclones

Dans les régions montagneuses de la Grand’Anse, les multiples cyclones de ces derniers mois ont quasiment réduit à néant les cultures vivrières et dans les plaines elles sont complètement inondées. La situation s’annonce aujourd’hui pire que juste après les cyclones parce que les réserves alimentaires sont épuisées. En bord de routes, les sacs de charbon s’amoncellent, signe que les paysans déforestent à tout va pour gagner quelques sous et manger.

En plus de cela, l’aide d’urgence et la reconstruction sont directement touchées par l’augmentation permanente des prix des matériaux et des transports sur le marché mondial. Acier et carburant sont fortement demandés par les puissances économiques émergentes, cela a des conséquences directes sur l’achat et le transport de simples tôles ondulées ou de structures métalliques pour reconstruire des maisons ou des écoles en Haïti. Il en va de même pour l’acheminement des semences de carottes, de choux et de piments que l’on prévoit pour les familles sinistrées des régions les plus reculées de la Grand’Anse.

Mais les Haïtiens sont admirables. Une fois de plus, les collaborateurs de l’ONG locale partenaire de l’EPER, le COHIMRU (Centre Œcuménique Haïtien d’Intervention en Milieux Rural et Urbain) ont décidé de renoncer à une partie de leur salaire pour que le projet avance et qu’un maximum de familles puissent reprendre leur culture maraîchère.

Et puis surtout, chacune des 965 familles bénéficiaires de l’aide d’urgence mise en œuvre via le réseau ROPAGA (Réseau des Producteurs Agricoles de la Grand’Anse)/GRAMIR (Groupe de Recherche et d’Appui au Milieu Rural) ont décidé de parrainer une autre famille de leur choix et de partager kits alimentaires, domestiques et sanitaires, doublant ainsi le nombre de bénéficiaires. Elles sont parfaitement conscientes qu’en Suisse l’action Haïti, menée par la Chaîne du Bonheur, n’a pas eu le résultat escompté. Qu’à cela ne tienne ! Les familles qui s’attendaient elles aussi à recevoir de l’aide ne doivent pas être oubliées.

> Plus d'infos sur ce projet 830.324

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Contact:
EPER, Boulevard de Grancy 17 bis, Case Postale 536, CH-1001 Lausanne, Tél. +41 21 613 40 70, Fax  +41 21 617 26 26, info@eper.ch | CCP 10-1390-5