Pétition contre les agrocarburants sources de problèmes sociaux ou écologiques
Les agrocarburants ne remplacent ni l'essence et ni le diesel de manière adéquate lorsque leur production contribue de manière directe ou indirecte à l'éviction des petits paysans, à la destruction des forêts tropicales ou au renchérissement des denrées alimentaires.
Les critères en vigueur en Suisse actuellement concernant l'exonération fiscale des agrocarburants ne suffisent pas pour empêcher leurs conséquences négatives. C'est pourquoi, l'EPER, de concert avec d'autres organisations, demande, par une pétition adressée au Parlement et au Conseil fédéral, l'introduction de critères d'admission écologiques et sociaux au niveau fédéral pour les agrocarburants. Les agrocarburants qui contribuent à la famine ou à la destruction de l'environnement ne doivent plus être importés ou produits.
Quelques arguments en faveur de la pétition
Les carburants provenant de monocultures aggravent les crises alimentaires et les troubles sociaux.
Lorsque d'immenses surfaces agricoles sont utilisées pour la production de carburants, les terres fertiles destinées à la production de nourriture pour la population viennent à manquer. Les monocultures industrielles dédiées à la production d'énergie mènent à une impasse. Il y a violation du droit à l'alimentation. Des familles paysannes sont privées de leurs terres et la lutte contre la faim est perdue d'avance. Les troubles sociaux augmentent.
Les carburants provenant de monocultures menacent les forêts et la biodiversité.
Les zones de production d'agrocarburants s'étendent aussi dans les forêts tropicales, habitat essentiel pour d'innombrables espèces animales et végétales. Par leur grande infl uence sur les cycles globaux, les forêts tropicales sont indispensables à l'équilibre écologique de notre planète. Pour la production de carburants végétaux, on détruit massivement des forêts, soit directement pour cultiver des plantes énergétiques, soit indirectement en provoquant un déplacement de la production alimentaire vers des zones forestières (changement d'affectation des terres). Les populations locales ne disposent souvent pas des droits démocratiques et des institutions qui leur permettraient de défendre et de préserver leur espace vital et la biodiversité.
Les carburants provenant de monocultures aggravent la crise de l'eau.
Pour irriguer les monocultures destinées à la production d'agrocarburants, on puise sans limites dans les rivières et dans les réserves d'eau potable souterraines. Des cours d'eau entiers sont détournés. La production d'un litre de carburant provenant de monocultures nécessite jusqu'à 4000 litres d'eau. Cette ressource vitale doit être utilisée en priorité par la population, pour ses besoins en eau potable et pour l'irrigation des cultures vivrières. Aucune violation du droit à l'eau ne peut être tolérée.
Les carburants provenant de monocultures aggravent le dérèglement climatique.
Les agrocarburants ne permettent pas de remplacer les carburants fossiles. Ils retardent le recours à des alternatives véritablement respectueuses du climat. La destruction par le feu de forêts pour la culture d'agrocarburants provoque, en libérant des grandes quantités de CO², un bilan négatif et dégrade l'environnement. Les agrocarburants aggravent le bouleversement climatique et retardent la nécessaire reconversion aux énergies durables et renouvelables.
Les carburants provenant de monocultures aggravent la pauvreté.
Les familles de paysans pauvres des pays en voie de développement ne profi tent en général pas des agrocarburants, qui sont destinés à l'exportation. Ils sont produits dans des monocultures industrielles par de grands propriétaires terriens. Les petits paysans sont souvent expropriés et chassés, pour que leurs terres puissent être exploitées pour la production d'agrocarburants. Le développement durable doit miser sur des technologies adaptées et profi ter directement aux populations des pays en voie de développement.





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